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Déverrouiller la transition agricole (bio) et en faire la nouvelle norme : retour sur un congrès UNAB 2026 qui a donné de l’élan !

  • UNAB
  • il y a 3 heures
  • 13 min de lecture

==> Les supports de présentation des intervenants sont dispos en fin de page


Le congrès 2026 de l’UNAB a marqué les esprits. Dans une salle comble (merci aux participant.e.s et aux nombreux agriculteurs.rices qui ont fait le déplacement !), il a proposé autre chose : sans râler, sans se plaindre, sans tabou, les acteurs du bio ont développé un récit cohérent, offensif et structuré sur ce que pourrait devenir l’agriculture wallonne si ces tenants acceptaient de prendre le bio au sérieux — non comme une niche à protéger, mais comme une trajectoire à organiser. Peut-être que c’est aussi au secteur bio lui-même de bosser pour s’imposer en tant que récit enviable…


Au fil de l’après-midi, une conviction commune s’est imposée. La transition agricole ne se résume ni à une question de techniques culturales, ni à une addition d’aides publiques, ni à un effort moral demandé aux consommateurs. Elle suppose d’aligner plusieurs dimensions à la fois : les politiques publiques, la structuration du marché, les débouchés, les filières, la recherche, la restauration collective, les comportements alimentaires, et même désormais la finance.


Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de soutenir le bio. Il s’agit de le rendre normal. C’est la seule option pour que nos agriculteurs.rices bio soient reconnus et rémunérés, et que les surfaces augmentent de manière cohérente.


Ci-dessous, vous trouverez le compte rendu quasi-exhaustif de cette journée passionnante :


Pas le temps de tout lire ? Voici l’essentiel.


  • Le bio n’est plus un sujet marginal : il est déjà une base agricole réelle. En Wallonie, il pèse déjà 12 % de la SAU, 1 agriculteur sur 7 et plus de 500 millions d’euros de marché. Le congrès l’a dit clairement : « le bio ne manque pas de producteurs. Il manque d’organisation. »

  • Le verrou principal n’est plus la conversion, mais le marché. Malgré cette base solide, la Wallonie a perdu environ 5 800 ha bio depuis 2022. Pourquoi ? Filières insuffisamment structurées, transformation trop faible, distribution peu engagée, et toujours pas d’acteur catalyseur capable d’“aller chercher des marchés”.

  • Le chiffre-clé du congrès, c’est 15 %. À 5 % de part de marché, le bio reste alternatif ; à 15 %, il devient normal : logistique plus cohérente, transformation plus rentable, filières plus stables, négociation retail plus sérieuse. Le Danemark l’illustre déjà avec 55 % de part de marhé bio en carotte, 40 % en lait et 38 % en farine...

  • Le différentiel de prix est un frein politique et économique. Chez nous, le bio reste souvent à 1,3 à 1,8 fois le prix du conventionnel en magasin, alors que dans les pays nordiques les plus avancés il tourne autour de 1,1 à 1,2 tout en rémunérant le producteur. Le message du congrès est limpide : tant qu’on ne pilote pas le marché, le bio restera perçu comme un premium de niche.

  • La transition ne se joue pas seulement dans les fermes. Elle est transversale : Elle se joue dans les assiettes, les cantines, les rayons et les arbitrages publics dans TOUS les domaines. Le congrès a rappelé à titre d'exemple que 400 000 utilisateurs belges d’écochèques (en voie d'être supprimés) les utilisaient pour acheter du bio ; réorienter cet outil vers des biochèques ferait bondir le marché bio belge de 30 %. « L’effet levier est gi-gan-tesque. »

  • Les acteurs privés et les investisseurs peuvent faire bouger les choses rapidement : en investissant dans des chaînes de valeur alimentaires durables, The Nest Family Office fait office d'exemple dans l'écosystème d'invest à impact. Le potentiel de transformation est réel.

  • Le congrès a changé de ton. Europe, science, filières, cantines, finance : tout a convergé vers la même idée. Le bio ne doit plus se défendre comme une exception fragile. Il doit s’organiser comme une norme. Ou, pour le dire autrement : « Le bio n’a pas besoin qu’on lui souhaite bonne chance. Il a besoin d’un écosystème capable de le faire changer d’échelle. »


Le compte-rendu complet :


Le bio, désormais au cœur des politiques européennes


Le congrès s’est ouvert par un cadrage européen qui a permis de replacer les débats wallons dans une perspective plus large.

Eric Gall, directeur adjoint d’IFOAM Organics Europe, a rappelé le chemin parcouru par l’agriculture biologique dans les politiques européennes. Au début des années 2000, le bio était encore considéré à Bruxelles comme un marché de niche sympathique mais marginal. Vingt ans plus tard, la situation est radicalement différente.

Le Green Deal, la stratégie Farm to Fork, la stratégie européenne sur la biodiversité et le plan d’action européen pour l’agriculture biologique ont progressivement placé le bio au cœur des politiques de transition alimentaire.

L’objectif européen de 25 % de surfaces bio d’ici 2030 reste officiellement la référence.

Mais Eric Gall a surtout insisté sur un point déterminant pour l’avenir : les pays qui réussissent le développement du bio sont ceux qui travaillent à la fois sur l’offre et sur la demande. Soutenir la conversion ne suffit pas. Il faut simultanément organiser les marchés, structurer les filières, développer la restauration collective et renforcer les acteurs économiques capables de porter cette transition.

Dans un contexte politique européen devenu plus incertain — avec la montée des discours sur la compétitivité, la simplification réglementaire et les tensions budgétaires — Eric Gall a également rappelé que le bio restait présent dans la vision agricole de la Commission européenne. Non seulement pour ses bénéfices environnementaux, mais aussi pour son rôle dans le renouvellement des générations agricoles, la vitalité des territoires ruraux et la résilience stratégique de l’Europe.


À partir de ce cadrage européen, la réflexion s’est rapidement recentrée sur la situation wallonne, où les constats de l’UNAB ont majoritairement rejoint ceux de IFOAM.


La vraie question : quelle trajectoire pour l’agriculture wallonne ?


Pour l’UNAB, Thierry Van Hentenryk trace un constat de départ à la fois simple et puissant : l’agriculture wallonne est engagée depuis longtemps (de plus en plus ?) dans une logique de compétitivité par les coûts, alors même qu’elle cumule plusieurs handicaps structurels. Foncier cher, densité territoriale forte, coûts de production élevés : la Wallonie n’a ni les surfaces, ni les coûts salariaux, ni les conditions géographiques qui lui permettraient de gagner durablement une guerre des prix face à de grands bassins agricoles européens ou mondiaux.

À partir de là, le raisonnement proposé par l’UNAB est clair : si la compétition frontale par les coûts est une impasse, alors il faut sortir par le haut : construire une agriculture de différenciation, plus autonome, plus résiliente, plus robuste, plus… transmissible.

Et, dans cette perspective, le bio n’est pas un supplément d’âme. C’est l’outil déjà disponible, déjà structuré, déjà certifié, qui permet d’incarner cette bifurcation à condition de lui en donner les moyens.

Le mérite du congrès a été de poser cela frontalement, sans tourner autour du pot : la question n’est plus seulement de savoir combien d’exploitations bio la Wallonie peut compter mais quel modèle agricole et alimentaire veut-elle organiser autour de cette base déjà existante ?


Le bio ne manque pas de producteurs. Il manque d’organisation.


C’est probablement l’un des constats les plus forts de la journée. La Wallonie dispose déjà d’un socle bio significatif : environ 12 % de la SAU, un agriculteur sur sept, un marché de plus de 500 millions d’euros. Et pourtant, le secteur reste fragile. Les surfaces ont reculé ces dernières années, les conversions sont en tension, les producteurs doutent, les débouchés ne sont pas suffisamment sécurisés.


Le problème n’est donc pas l’existence du bio. Il est dans le fait qu’il reste encore trop souvent désorganisé du point de vue du marché. Il manque en Wallonie un acteur catalyseur capable de créer des marchés et de parler leur langage !

Plusieurs verrous ont été identifiés avec une grande clarté au cours du congrès. D’abord, un manque de pilotage économique : pas assez d’acteurs capables d’aller chercher les marchés, de dialoguer sérieusement avec la grande distribution, de structurer les filières ou de sécuriser les débouchés, de coordonner les circuits courts. Ensuite, un différentiel de prix au magasin  encore trop élevé entre bio et conventionnel sur une série de produits, qui limite mécaniquement la taille du marché. L’idéal étant un différentiel le plus faible possible, tout en gardant un prix au producteur qui reflète l’engagement sociétal et la prise de risque liée à l’agriculture biologique. C’est le cas dans les pays nordiques, où le différentiel est de 1,2 max, là où il avoisine les 1,6 chez nous.  Enfin, une difficulté plus profonde à sortir le bio de son image de niche, à la fois dans les rayons, dans les habitudes de consommation et dans le monde agricole lui-même.


Ce que la journée a très bien montré, c’est qu’on ne développe pas une agriculture biologique puissante uniquement en poussant des conversions. Il faut en parallèle travailler la demande, les canaux de commercialisation, les filières de transformation, la lisibilité pour le consommateur, la normalisation dans les achats publics, l’organisation des acteurs économiques et la circulation de la valeur.

Le bio n’a pas besoin qu’on lui souhaite bonne chance. Il a besoin d’un écosystème capable de le faire changer d’échelle.

De la niche à la norme : le cap des 15 %


C’est là qu’on propose de mettre un chiffre sur cette idée de changement d’échelle : 15 % de part de marché. C’est l’objectif que l’UNAB propose de poursuivre dans le cadre du futur plan bio.


Il devra s’appuyer sur des indicateurs orientés marché, ambitieux, réalistes, et mesurant les évolutions effectives de la consommation et de la présence du bio dans les rayons et les actes d’achat, portés par les instances chargées de l’opérationnalisation du plan.

Ce seuil de 15% n’a pas été présenté comme un slogan, mais comme un point de bascule. À 5 %, le bio reste alternatif, minoritaire, vulnérable. À 15 %, il est structurel et normal. Cela change tout : la logistique devient plus cohérente, la transformation devient plus rentable, les filières peuvent se stabiliser, les négociations avec le retail changent de nature, et le bio cesse d’apparaître comme un choix marginal.


Cette idée de masse critique a traversé plusieurs interventions, sous des formes différentes. Elle a été illustrée par les exemples danois, autrichiens ou suisses, où certaines catégories de produits bio atteignent des niveaux de pénétration très élevés (55% des carottes, 40% du lait ou de la farine,…). Elle a aussi été reliée aux sciences comportementales : tant qu’un produit reste perçu comme exceptionnel, coûteux, réservé à certains profils de consommateurs, il reste fragile. Quand il devient visible, habituel, banal au bon sens du terme, alors les comportements changent.


Le bio ne changera réellement de place dans la société que lorsqu’il sera perçu comme normal — dans les rayons, dans les cantines, dans les fermes, dans les administrations, dans les politiques publiques. Il doit donc aussi faire l’objet de politiques transversales.

La devinette du jour : quels ministres (portefeuilles ministériels) ont un intérêt à développer une politique qui favorise le bio wallon ?

Réponse : agriculture évidemment (renouvellement, revenu, image, autonomie…), mais aussi économie, environnement, eau, santé, nature et biodiversité, bien-être animal, emploi, développement rural, jeunesse, climat, développement durable, alimentation. Y a plus qu’à.


Et Thierry évoque alors un exemple d’interconnexion des politiques…par la négative : le fédéral a décidé de supprimer l’écochèque dont on sait que 400.000 ( !) de ses utilisateurs belges l’utilisent pour acheter des produits bio. Ca va faire mal. Partant de ce constat, l’UNAB challenge les politiques : ré-orientez-le vers les des bio-chèques réservés à l’alimentation bio et vous augmenterez de 30% le marché bio belge ;

L’effet levier est gi-gan-tesque.


Changer de système alimentaire, pas seulement de pratiques agricoles


La présentation de Jérôme Bindelle (Uliège) a donné une profondeur supplémentaire à cette réflexion transversale, en déplaçant encore un peu le regard. Le bio n’est pas seulement une manière différente de produire. Il pose une question beaucoup plus large : quel système alimentaire voulons-nous organiser ?


Ses travaux sur l’autonomie alimentaire wallonne ont montré que la réponse ne dépend pas d’un seul levier, mais d’une combinaison : les régimes alimentaires, le gaspillage, l’usage du territoire, la place des prairies, les légumineuses, les rotations, les modes de production. Ils montrent aussi que la Wallonie dispose d’atouts réels : diversité pédoclimatique, place de la prairie, proximité de grands bassins de consommation, capital humain et scientifique dense.

Mais ils rappellent surtout une chose essentielle : l’agriculture ne peut plus être pensée isolément. Aujourd’hui, l’essentiel de l’empreinte alimentaire belge se situe hors de nos frontières. La Wallonie produit peu de ce qu’elle consomme directement, tout en exportant massivement certaines productions. Cela signifie que la question n’est pas seulement “combien produire”, ni même “produire comment”, mais produire pour quel système, avec quelles filières, pour quels usages, pour quels consommateurs ?


Le bio est proposé comme une porte d’entrée vers une réflexion systémique sur l’alimentation, le territoire et les interdépendances économiques.


Dans cette perspective, l’UNAB recommande que les différents plans stratégiques liés à l’alimentation, au territoire et au développement économique intègrent explicitement la contribution du bio, en cohérence avec l’objectif du Plan bio 2030 d’atteindre 15 % de part de marché. Régimes alimentaires, lutte contre le gaspillage, politiques territoriales ou encore développement entrepreneurial en Wallonie - dans l’agroalimentaire comme au-delà - constituent autant de leviers complémentaires pour y parvenir.


La grande distribution, les transformateurs, les cantines : les angles morts deviennent centraux


Un autre mérite de la journée a été de sortir de certains non-dits. Le bio ne se développera pas comme alternative agricole massive si l’on refuse de parler des grands distributeurs, du rôle des transformateurs, de la restauration collective, des marges, des volumes, de la contractualisation, de la logistique.


Là-dessus, le congrès a clairement changé de ton. Il ne s’agissait pas de se coucher devant le marché, ni de faire de la grande distribution l’horizon désirable du bio. Il s’agissait plutôt de reconnaître qu’on ne fait pas émerger un marché de masse sans travailler avec les acteurs qui pèsent réellement dans la circulation des produits alimentaires.


Cela vaut pour les GMS, évidemment, mais aussi pour le réseau spécialisé bio - en pleine concentration - pour les coopératives, pour les outils de transformation, pour les cuisines de collectivité. La restauration collective, en particulier, est apparue comme un levier de structuration particulièrement puissant : par ses volumes, par sa stabilité, par sa capacité à normaliser le bio dans la vie quotidienne. On ne parle plus ici d’un simple débouché complémentaire, mais d’un outil de politique alimentaire et agricole.


Au cours de la journée, on a replacé les questions de filières, d’organisation économique et de débouchés au centre du récit bio, sans jamais abandonner l’exigence environnementale ou sociale.

Dans cette perspective, l’UNAB s’engage à renforcer son rôle de fédérateur, en rassemblant les énergies motrices et les initiatives innovantes, à l’échelle régionale mais aussi nationale et européenne.

L’ambition est de faire émerger des dynamiques collectives capables d’accompagner le changement d’échelle du bio, en travaillant de manière plus coordonnée, constructive et collaborative avec l’ensemble des acteurs du Système Bio.


Quand la finance cesse de regarder le bio de loin


C’est probablement la dernière intervention qui a le plus surpris — et le plus stimulé — la salle. Avec Anouk Schoors, de The Nest Family Office, une autre voix est venue rejoindre la coalition esquissée tout au long de la journée : celle de la finance à impact.

Mais là encore, l’intérêt n’était pas seulement dans le fait qu’une investisseuse parle positivement du bio. Ce qui a compté, c’est la manière dont elle l’a fait.


Son propos n’a jamais consisté à réduire le bio à une opportunité d’image ou à un marché de consommation plus vert. Elle a parlé de chaînes de valeur, de traçabilité, de contrats de long terme, de foncier, de volumes, de coopération, de norme, de mainstreaming. Elle a montré qu’on peut investir dans le bio pour contribuer à le rendre plus structuré, plus stable, plus normal. Et qu’on peut y croire, même depuis une perspective économique. Et qu’on DOIT y croire, dans une perspective sociétale.



zSon intervention a aussi eu une portée symbolique forte. Pendant longtemps, le bio a parlé de transformation du système en regardant la finance comme un bloc extérieur, voire hostile. Là, ce n’était plus le cas. Une partie du monde de l’investissement venait dire : nous aussi, nous voyons dans l’alimentation durable, dans les filières bio, dans les coopérations bien construites, un terrain stratégique pour la résilience future.

Et surtout, Anouk Schoors a repris à sa manière le fil rouge du congrès : il faut sortir de l’esprit de niche. Ne plus se présenter comme une exception fragile.

Ne plus toujours parler sur le mode défensif. Commencer à agir et à se comporter comme si le bio était déjà la norme qu’il veut devenir. « La Bio, la Base » : le slogan de l’UNAB était parfaitement calibré pour accompagner ce speech.


Cette conclusion a donné une densité particulière à tout ce qui avait précédé. L’Europe, le marché, la recherche, les filières, la restauration collective, les politiques publiques : tout cela trouvait un prolongement concret dans une idée simple, mais décisive. Le passage à l’échelle suppose aussi des capitaux privés et publics, des alliances et une capacité à construire des marchés.


Ce passage d’échelle doit être accompagné par les politiques publiques. Ça tombe bien, les ministres Dalcq et Coppieters étaient également présents pour partager leur motivation envers  la bio.


Un soutien politique présent… mais encore à concrétiser


La présence des ministres Anne-Catherine Dalcq (Agriculture) et Yves Coppieters (Environnement et Santé) a apporté un écho politique aux débats de la journée.

La ministre de l’Agriculture a réaffirmé son soutien au secteur bio et rappelé les mesures récentes prises dans le cadre de la PAC, notamment la revalorisation des aides à la conversion. Elle a également annoncé la préparation d’un nouveau plan opérationnel bio pour la période 2027-2030 et insisté sur la nécessité de structurer les filières et de renforcer la valorisation des produits bio locaux.

Ces engagements ont été accueillis avec attention, même si le positionnement du gouvernement sur la trajectoire future du bio reste encore à préciser dans les arbitrages politiques à venir.

L’intervention du ministre Yves Coppieters, "engagé" comme d'habitude dans sa motivation à renforcer le bio, notamment au travers de ses compétences liées à la protection de l'eau, a apporté un éclairage complémentaire, davantage centré sur les enjeux environnementaux et de santé publique. Il a insisté sur la nécessité de mieux reconnaître les externalités positives du bio — qualité de l’eau, fertilité des sols, santé publique — pour le développer et a rappelé que l’agriculture biologique constitue l’un des laboratoires les plus avancés pour penser la transition des systèmes alimentaires. Il a également profité de la tribune pour rappeler son engagement à renforcer l'impact du "coup de pouce" en faveur du bio dans les cantines scolaires.

 

Un congrès qui a changé de ton


Ce qui ressort de cette journée, au fond, c’est moins une addition de messages qu’un véritable changement de ton.

Le bio n’y a pas été présenté comme une plainte, ni comme un héroïsme minoritaire. Il a été présenté comme un projet de société pragmatique, déjà largement là, mais encore inachevé. Un projet qui demande de l’organisation, de la cohérence, des filières, des investissements, des politiques transversales. Un projet qui suppose de sortir de l’entre-soi, de travailler le marché, de structurer la demande, de consolider les outils, de rendre le bio attractif et désirable au lieu de le défendre sans cesse sur le mode de la justification.

En cela, le congrès UNAB 2026 a probablement contribué à déplacer le centre de gravité du débat. Le bio y est apparu comme un levier crédible pour réorganiser l’agriculture et l’alimentation wallonnes autour d’un cap plus robuste, plus juste et plus enviable.

A l’heure des chocs géopolitiques à répétition, ne serait-il d’ailleurs pas de plus en plus logique de réduire la dépendance aux intrants importés pour se recentrer sur nos fermes les plus résilientes ?

Et c’est sans doute cette cohérence-là qui explique le sentiment partagé à la sortie : quelque chose s’est ouvert. Pas un miracle, pas une victoire acquise, mais un espace politique, économique et culturel un peu plus large pour penser le bio autrement — non plus comme une case à part, mais comme une trajectoire collective à assumer.


Ci-dessous, retrouvez les présentations Powerpoint des différents intervenants du Congrès :

 

 
 
 

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