Communiqué - Réduction des pesticides : une alliance pour un marché de la Transition
- UNAB
- il y a 6 jours
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Dernière mise à jour : il y a 5 jours
À la sortie d’une réunion d’1h30 avec le ministre-président wallon, tenue en parallèle de la mobilisation de la FJA devant le cabinet de l’environnement et de la santé à Namur, l’UNAB, syndicat des agriculteurs.rices bio, souhaite préciser sa position.

Les échanges ont essentiellement porté sur les plans de réduction des pesticides, dans un climat assez tendu. Si le gouvernement semble admettre la nécessité de protéger les captages d'eau potable face aux pesticides, le ministre Coppieters semblait bien seul pour évoquer les risques sanitaires de ces molécules sur la santé publique.
Les enjeux sanitaires, environnementaux et de protection de l’eau potable ont pris beaucoup de place, alors que le vrai débat reste celui des revenus…et qu’un processus de concertation venait à peine d’être lancé sur la protection bien nécessaire des captages d’eau.
Lier Mercosur et remise en cause des normes environnementales est une impasse
Pour l’UNAB, tenter de faire le lien entre la signature de l’accord Mercosur – que nous refusons – et la remise en cause des normes environnementales wallonnes envoie un très mauvais signal. Ce raccourci abîme l’image des agriculteurs et ne prépare en rien l’avenir du secteur.
Les sols et l’eau potable wallonne sont sous pression. Le nier ne fera pas disparaître le problème. La question n’est pas s’il faut réduire les pesticides, mais comment rendre cette transition économiquement viable. Eau, santé publique, biodiversité : il faut agir vite, car les dégâts sont déjà trop importants pour retarder l'action.
Oui, les craintes agricoles sont légitimes. Non, s'opposer aux normes n’est pas une solution
Demander à des agriculteurs de se passer de pesticides de synthèse sans garantie sur les débouchés et les prix est une source d’angoisse parfaitement légitime. Mais opposer normes environnementales et survie économique des fermes est une impasse politique et stratégique.
La Wallonie compte aujourd’hui près de 2000 agriculteurs et agricultrices bio. Ils prouvent chaque jour qu’il est possible de produire sans phyto de synthèse, de protéger l’eau, et d’en vivre.
Ils ne pourront être beaucoup plus nombreux que si le marché est au rendez-vous, ce qui ne coule pas (plus) de source depuis 2022.
Le problème n’est pas agricole.
Il est économique, structurel et culturel.
Une chance, les leviers publics sur les orientations et structures de marché sont nombreux. Il suffit de s'en saisir politiquement.
La priorité : construire un marché capable d’absorber la transition
C’est le message central porté par l’UNAB au gouvernement : on peut construire une transition en construisant les débouchés qui la rendent possible.
Nous avons donc appelé le gouvernement à créer une vaste alliance wallonne pour la transition agricole, pour renforcer la demande de produits agroécologique bio, rassemblant :
les pouvoirs publics (à tous les niveaux), les acteurs économiques (distribution, agroalimentaire, finance), les agriculteurs, toutes sensibilités confondues.
Des leviers publics existent, ils doivent être activés maintenant
Pilotée par les pouvoirs publics, c’est toute la chaîne de valeur doit jouer le jeu.
Cette alliance doit déboucher sur des mesures concrètes, par exemple :
un recours massif aux produits bio wallons dans les marchés publics et les cuisines collectives ;
un dialogue structuré avec le commerce et l’agroalimentaire (transformation, grandes surfaces,...), incluant des objectifs chiffrés, des plans de transition et un travail sur les marges ;
la mobilisation des outils régionaux de financement et d’accompagnement ;
une stratégie offensive de valorisation des produits bio wallons, en Wallonie et à l’export (AWEX, Apaq-W) ;
un étiquetage plus clair pour permettre aux consommateurs d’identifier les produits wallons, y compris transformés ;
une articulation avec les outils fédéraux, notamment la réorientation des écochèques vers l’alimentation durable.
Sécuriser économiquement la transition, au bénéfice de tous les agriculteurs
La priorité de l’UNAB est claire : sécuriser économiquement la transition, plutôt que reculer sur les normes.
Nous sommes convaincus qu’avec une alliance large, cohérente et ambitieuse, le marché wallon peut accueillir celles et ceux qui veulent – ou devront – évoluer vers des systèmes sans pesticides au bénéfice de tous les citoyens.
C’est cette voie responsable, crédible et tournée vers l’avenir que l’UNAB continuera à défendre.
Contact presse :Thierry Van Hentenryk | UNAB | thierry.vh@unab-bio.be
0494/394113www.unab-bio.be




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