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Des revenus décents pour une agriculture durable et locale !

L’UNAB exprime sa solidarité totale au mouvement, appelle à se mobiliser et à porter des solutions durables de sortie de cette crise agricole profonde. Le salut ne viendra que de solutions structurelles visant à contrer le système actuel : régulation de marché, prix minimums garantis, revalorisation des revenus, transition environnementale soutenue à hauteur des enjeux.



Car on marche sur la tête !
  • Les agricultrices et agriculteurs travaillent 80 heures par semaine pour un revenu très inférieur au revenu moyen wallon.

  • Ils ne reçoivent en moyenne que 5% à 10% de la valeur ajoutée d’un produit, le reste étant capté par les distributeurs et transformateurs.

  • Les primes PAC censées les soutenir sont même utilisées comme excuse par les centrales d’achat et les négociants (en bio) pour réduire les prix payés aux agriculteurs·rices.

  • Les agriculteurs qui font l’effort de travailler en bio et en agroécologie ne sont plus soutenus par les consommateurs ni par les marchés.

  • La part de produits importés augmente et les accords de libre-échange condamnent nos producteurs·rices à une concurrence déloyale. Le Mercosur revient en force !

  • La dérégulation des nouveaux OGM a été votée jeudi, encore une « mauvaise bonne idée » de l’agroindustrie qui empêchera agriculteurs et consommateurs de savoir si des OGM sont dans leurs champs ou leurs assiettes. La confiance des consommateurs est à nouveau mise en péril par des institutions européennes et étatiques inféodées au libre marché.

  • Les règlementations environnementales sont timides, mal calibrées, insuffisamment soutenues et font des aller-retours (éco-régime maillage réduit à 350€ pour 2024, prime « céréales laissées sur pied » rabotée de moitié…).

  • Pour la plupart des agriculteurs·rices, dont l’âge moyen est de 55 ans, il n’y a aucune perspective de reprise de leur ferme. Les jeunes se détournent d’un métier administrativement trop contraignant, trop peu rémunérateur, trop instable.

  • Le prix des terres explose (jusqu’à 100 000€ par hectare). Les sociétés d’investissement les accaparent pourtant en vue d’une spéculation financière, privant les agriculteurs·rices de leur outil de travail en privilégiant l’installation d’entreprise agricoles travaillant par contrat.

  • Pendant ce temps, entre les premiers trimestres 2022 et 2023, les profits bruts de l’industrie agro-alimentaire ont plus que doublé, passant de 3,1 milliards d’euros à 7 milliards. Le groupe Carrefour a augmenté ses profits de 8% au 1er trimestre.


Changer de modèle


Soyons clairs : ces ravages sont le résultat d’une politique consciente menée par des acteurs politiques et privés proches des agro-industries. Aujourd’hui, nous devons faire le choix entre l’ancien modèle, néolibéral et exportateur, ou un nouveau modèle à construire qui nourrit, qui protège l’eau, le climat et la biodiversité en rémunérant correctement ses producteurs.


Les solutions proposées (imposées) à tous les niveaux depuis des décennies tournent en rond : ultra-compétitivité, augmentation des surfaces, ultra-mécanisation et dépendance aux intrants ont entraîné la disparition progressive des paysans. Le système actuel a mené à une impasse.


Ces mesures n'ont jamais profité ni au pouvoir d'achat ni à la qualité de vie des agriculteurs.


« La terre et le vivant ne se traitent pas comme une vulgaire marchandise. Les laisser aux mains de spéculateurs est dangereux pour la pérennité de notre système alimentaire et notre milieu de vie », souligne un administrateur de l’UNAB et agriculteur bio.

Ne pas se tromper de cible


Nous alertons nos collègues sur le mirage de la suppression des normes. Ne nous y trompons pas : les politiques néolibérales ont tendance à minimiser les interventions gouvernementales dans l'économie, y compris dans le secteur agricole. A la clé, le risque d’une dérégulation du marché et d’une concurrence accrue entre agriculteurs. Les normes doivent en revanche être accompagnées d’un financement adéquat et d’une simplification administrative majeure. 


Toutefois, aujourd’hui, même les administrations se perdent dans le dédale de règles. Les procédures administratives et les normes sanitaires sont souvent inadaptées à la réalité de nos fermes. Mais environnement et climat s’imposent à nous. Les paysans ont aujourd’hui tout à gagner à travailler avec la Nature. Nous appelons à une réconciliation entre agriculture et écologie.


Pour Dominique Jacques, président de l’UNAB, « en agriculture Bio, nous avons fait le choix d’accepter la contrainte et la norme, sous forme d’un cahier des charges contraignant. Ce cadre fait notre force et offre une garantie maximale aux consommateurs. Il faut que toutefois que consommateurs et pouvoirs publics nous soutiennent dans cette démarche ». Car l’agriculture bio est un modèle tourné vers l’autonomie, la fourniture de services écologiques et alimentaires ancrés sur son territoire, au bénéfice de tous.

La demande de la majorité des agriculteurs et agricultrices qui manifestent est celle de vivre dignement de leur métier, pas de nier les enjeux de santé et de climat ou de rogner encore davantage sur nos maigres droits sociaux.


Nous demandons :


  • Une loi interdisant tout prix agricole en-dessous de nos prix de revient. L’imposition d’un cadre de référence, pour la fixation des prix d’achat, basé sur les coûts de production et indépendant des primes aides agricoles (avec aussi une prise en compte des contraintes propres à la production biologique).

  • La simplification des démarches administratives, le maintien des règles constantes au cours d’une programmation PAC, la garantie d’un délai d’adaptation avant la mise en œuvre de nouvelles mesures, une approche flexible et agronomiquement juste de la règlementation « par dates », l’amélioration du retour d’information vers les agriculteurs (par exemple, une alerte de l’acceptation ou non de l’éco-régime couverture longue…).

  • La fin immédiate des négociations d'accord de libre-échange et la mise en œuvre des clauses miroir pour les accords déjà établis.

  • La mise en place de programmes de contrôle et de garantie pour compenser les variations de prix et les perturbations économiques (paiements de sécurité du revenu, contrats à terme qui garantissent un prix minimum…).

  • L’identification claire et systématique de l’origine géographique des produits alimentaires disponibles en magasins et la priorité aux produits locaux et de saison.

  • Un rééquilibrage fort du pouvoir de négociation entre les agriculteurs, les grandes surfaces et les négociants.

  • La publicité et le contrôle des marges nettes des intermédiaires agro-industriels sur les produits, en particulier en bio.

  • La mise en place de politiques de soutien et de tarification sociale de l’alimentation pour garantir un accès large de tous les publics à une alimentation abordable, durable et locale tout en permettant aux agriculteurs de maintenir des prix justes.

  • Un accompagnement économique des producteurs vers la transition agroécologique à la hauteur des enjeux, sans retour en arrière (voir la diminution de l’Eco-régime maillage de 450 à 350€/ha, p. ex).

  • Une rémunération des services environnementaux plus efficace et plus ambitieuse.

  • Une meilleure redistribution des aides de la PAC, découplant davantage les montant des superficies.

  • Une priorité absolue à l'installation face à l'agrandissement dans tout programme de soutien public à l’agriculture.

  • Une régulation du marché foncier via l’instauration d’une agence de type SAFER.

  • L’éducation des consommateurs aux impacts d’une alimentation importée et industrielle.


Concernant le secteur Bio :


  • Une loi Egalim, sur le modèle français, qui fixe notamment un seuil obligatoire et ambitieux de 30% de produits bio dans la restauration collective.

  • Organiser un vrai suivi de marché des denrées alimentaires et produits agricoles, en particulier du marché bio, totalement opaque aujourd’hui.

  • Une communication assumée des pouvoirs publics sur les avantages de l’agriculture biologique, sans confusion avec des concepts annexes non réglementés ou non certifiés.

 

Retrouvez l’ensemble de nos revendications propres à l’agriculture biologique sur https://www.unab-bio.be/post/elections-2024-synthèse-des-priorités-unab-30-de-bio-en-2030


 

Pour l’UNAB - Union des agriculteurs·rices bio de Wallonie

Dominique Jacques

Président - 0477/72 24 75

 

Contact presse :

Thierry Van Hentenryk – 0494/39 41 13

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