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Carte blanche sur l’étude « Scénarios à l’horizon 2050 pour le secteur de l’élevage belge »

Comme vous l’avez peut-être entendu ou vu dans les médias, l’ONG Greenpeace a présenté le 05 février dernier une étude portant sur l’étude de différents scénarios à l’horizon 2050 pour le secteur de l’élevage belge. Suite aux fortes réactions qui ont pu être observées face à cette étude, l’UNAB tient à vous partager son avis.



Tout d’abord, l’UNAB souhaite remercier Greenpeace pour avoir commandité cette étude. D’une part, elle permet d’alimenter le débat sur la question de la transition de nos modèles agricoles. Ce questionnement sur notre avenir nous parait primordial, étant donné les enjeux auxquels notre société fait face. D’autre part, cette étude met en jeu la place que pourrait prendre à l’avenir le secteur bio.


L’UNAB retient de ce premier travail d’investigation les points suivants :


*L’agriculture biologique, telle que défendue par l’UNAB est une solution pour répondre aux enjeux environnementaux auxquels nous faisons et allons de plus en plus faire face ;


*La Wallonie et ses éleveurs travaillent déjà davantage selon des modèles de production extensifs et biologiques, globalement plus durables en matière d’environnement. En ce sens, le scénario de transition T1 présenté dans l’étude est en phase avec le potentiel de la Wallonie ;


*La transition vers ce modèle permet un maintien de nos prairies, à l’inverse d’un scénario qui prolongerait les tendances actuelles ;


*40% des émissions de GES sont liés à la production pour l’export, production qui n’est généralement pas synonyme de « commerce équitable », que ce soit pour l’éleveur en Belgique ou l’éleveur dans le pays à destination des exportations.


Aussi, aux yeux de l’UNAB, les points suivants doivent être remis dans leur contexte et revus:


*Tout d’abord, il est très important de rappeler que la conduite des fermes en bio devra passer par une autonomie de nos fermes et de nos sols, clé de voûte d’une agriculture pérenne. Cette conduite devra impérativement continuer à veiller à relever le taux d’humus de nos sols, afin d’assurer la préservation de cette ressource indispensable à notre alimentation ainsi qu’à l’équilibre planétaire.


*Si cette analyse remet en question le secteur de l’élevage, ce travail doit également servir d’exemple aux autres secteurs, impactant de manière équivalente ou plus significative notre climat et notre environnement, et aboutir à une réelle remise en question globale de notre société. A ce titre, les consommateurs belges peuvent être fiers et doivent soutenir nos éleveurs wallons, notamment biologiques, en privilégiant leurs produits à un prix rémunérateur, sans quoi aucun changement ne sera possible.


*Le rôle joué par les prairies dans le bilan carbone des élevages doit faire l’objet de davantage de recherches, afin d’obtenir une vision plus juste de ce paramètre. Comme le reconnaît Greenpeace, ce rôle n’est en effet pas considéré à ce stade de l’étude.


*Si la production de viande devait dans une certaine mesure être revue à la baisse afin de rééquilibrer la balance entre offre et demande et permettre à nos agriculteurs de vivre décemment, alors cela devra se faire en tenant compte du maintien de la fertilité assurée par cette même production, ainsi qu’en assurant une cohérence dans l’utilisation des sols sur nos différents territoires. A ce titre, l’UNAB pense qu’il est avant tout nécessaire d’approfondir l’étude afin d’étendre le champ des possibles en termes de scénarios, et ainsi donner davantage de perspective au débat. En d’autres mots, la vision d’une Wallonie 100% Bio réduisant drastiquement sa consommation de viande parait trop simpliste aux yeux de l’UNAB.


*De manière générale, la complexité et les interactions entre nos différentes productions animales et végétales doivent être mieux considérées. A titre d’exemple, la pratique de cultures associées permet de minimiser les risques en terme de maladies, d’aléas climatiques, de variation de rendement,… ainsi que de mieux préserver nos ressources (eau, sol,…) mais ces mélanges ne sont pas toujours entièrement valorisables en alimentation humaine. Maintenir un équilibre entre production de céréales pour l‘alimentation animal et humaine sans induire une compétition food-feed, mais en induisant une nette plus-value environnementale est donc possible.


Dans la même optique, en agriculture biologique, le besoin agronomique de rotation de cultures fait appel aux plantes fourragères, et ce même dans les fermes sans animaux.

Ces cultures sont donc nécessaires et n’impliquent à nouveau aucune compétition food-feed.


*L’UNAB souhaite aussi rappeler que, bien que l’utilisation de co-produits en alimentation animale peut être intéressante dans une certaine mesure, ces co-produits ont été à de nombreuse reprises la source de scandales alimentaires (crise de la dioxine, vache folle…). A titre d’exemple, les bovins doivent avant tout répondre à leur nature première d’herbivore, et non pas servir de poubelles aux industriels sans scrupules ;


*Finalement, la dimension sociale et économique doit très clairement être ajoutée à cette démarche d’investigation, sous peine de passer à côté de l’essentiel.


En conclusion de cette première étude, nous pouvons dire que l’agriculture biologique fera indiscutablement partie de la réponse aux enjeux climatiques et leurs conséquences de par la pertinence et la cohérence de son modèle. L’UNAB vous invite à réagir à ses conclusions après avoir fait plus ample connaissance avec la publication de l’étude, que vous pourrez consulter via le lien: www.greenpeace.org/belgium/Global/belgium/report/2019/Study_Livestock_Belgium_v190204.pdf


L’ensemble de l’équipe de l’UNAB, au service de l’agriculture bio.

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